Les murs virtuels ont aussi des oreilles

Avec l’avènement des réseaux sociaux, nous entrons dans une ère ou la barrière entre vie professionnelle et vie privée tend à s’amoindrir. A tel point que des erreurs fatales peuvent être commises, tant du côté des salariés que des employeurs.

Aujourd’hui, nombreux sont les exemples de personnes devant justifier de leurs actes devant les tribunaux pour avoir critiqué ou dénigré leur entreprise sur le web. Que ce soit sur Facebook, sur Twitter ou au travers d’un blog perso, on a parfois tendance à oublier que tout ce qui est dit sur la toile est susceptible d’être lu par des « amis d’amis ». Ainsi, récemment, un salarié d’une société informatique a annoncé sur Facebook le lancement imminent d’une nouvelle technologie sur le marché. Sauf qu’il comptait dans ses « amis » une personne travaillant chez un concurrent direct, qui a bien évidemment profité de cette information non négligeable pour son entreprise. Un autre exemple, celui de plusieurs employés d’une même société confondant leurs murs Facebook avec un mur des lamentations, et n’hésitant pas à rire ouvertement de leur supérieur hiérarchique. Sauf que quand le fameux mur est ouvert au public et que la supérieure en question tombe dessus, les conséquences sont désastreuses et mènent les employés directement à la porte de Pôle Emploi. Les motifs ? Incitation à la rébellion, atteinte à l’autorité et à la réputation, et dénigrement. Rien que ça.

Car ce qu’il faut savoir, c’est que depuis le 19 novembre 2010, notre « mur » est considéré comme un espace public. Mieux vaut donc faire attention à ce qu’on y laisse comme trace. Et pour ceux qui auraient envie de brandir l’argument de notre bonne vieille liberté d’expression, sachez que celle-ci autorise un salarié à critiquer son entreprise, mais en aucun cas à la dénigrer ou à tenir des propos diffamatoires ou injurieux en son égard. Car les conséquences de telles critiques peuvent être catastrophiques pour une société : perte de confiance et de crédibilité auprès de ses clients et fournisseurs, pertes financières, image et réputation salies… Charge alors aux entreprises d’anticiper ce genre de comportements en sensibilisant leurs salariés à la bonne utilisation des médias sociaux. Certaines commencent même à intégrer ces critères dans leur charte informatique. D’autres (64%) préfèrent interdire l’accès aux médias sociaux à leurs employés, bien que cette solution « scolaire » ne soit pas forcément bien vue de tous.

Dans un avenir proche, il faudra donc faire attention aux Digital Native qui arrivent à grands pas, et qui n’ont pas toujours conscience des risques qu’ils encourent à étaler leur vie sans pudeur sur le web…

Source : lesechos.fr

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